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Mardi 15 mars 2005
"La vie aquatique" (2)
Une parodie déjantée d'une expédition du commandant Cousteau - l'idée était prometteuse. Le casting aussi: Bill Murray, Anjelica Huston, Cate Blanchett... Pourtant, je me suis profondément ennuyée pendant tout le film. La faute sans doute à une réalisation molle, qui ne pousse pas le délire assez loin et laisse traîner en longueur de nombreux passages. Seule surprise agréable: la bande-son, des reprises de David Bowie à la guitare sèche par un artiste sud-américain - inattendu et rafraîchissant.
Armalite |
| 2005-03-15 13:48:40
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Mardi 8 mars 2005
"Neverland" (3)
James Barrie, auteur dramatique en mal d'inspiration, fait la connaissance d'une jeune veuve et de ses quatre enfants, qui vont lui inspirer la plus célèbre de ses oeuvres: Peter Pan. "Neverland" est un hommage chaste (probablement la première grosse production hollywoodienne que je vois où les héros n'échangent même pas un baiser) et poétique (la scène où Mrs Davis "part" au pays imaginaire) au pouvoir de l'imagination. Les deux acteurs principaux sont impeccables, mais on n'en attendait pas moins de la part de Johnny Depp et de Kate Winslet. L'atmosphère un rien désuète, empreinte de nostalgie, est rendue à la perfection, et le film contient quelques scènes pudiquement émouvantes. Pourtant, j'ai eu du mal à me laisser emporter par sa magie, sans doute parce que j'ai depuis longtemps perdu mon âme d'enfant - si tant est que j'en ai eu une un jour. Sans trouver grand-chose à lui reprocher, je ne pense pas qu'il restera gravé dans ma mémoire comme un monument du cinéma.
Armalite |
| 2005-03-08 16:15:29
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Dimanche 27 février 2005
"Bye-bye beauté" (4)
Parce que j'aime beaucoup ce qu'on appelle la "nouvelle variété française" (Benjamin Biolay, Carla Bruni, Keren Ann, Vincent Delerm, Bénabar, etc), je me suis laissée tenter par le second opus de Coralie Clément qui se trouve justement être la petite soeur de B.B. , lequel écrit et compose la majorité de ses titres. C'est rare que je m'emballe pour un album dès la première écoute, mais là, ça a été le cas, et depuis quelques jours je me le passe en boucle.
Autant le dire tout de suite: C.C. entre dans la catégorie "filles énervantes" avec son ravissant minois, son petit filet de voix, sa moue boudeuse et sa façon de susurrer des gros mots l'air de ne pas y toucher. On devine en elle une peste aux goûts classiques bon teint, méprisant tout ce qui est trop à la mode, ce qui paradoxalement fait d'elle une muse hyper-hype (j'essaye de parler le djeûns, merci de ne pas me lapider tout de suite).
Elle a inspiré à son frère des mélodies entre soft rock et balades entêtantes, et des textes qui dessinent un univers très personnel. Je craque tout particulièrement pour "L'Enfer" (texte ci-dessous) et "Un beau jour pour mourir", mais franchement il n'y a rien à jeter dans cet album, aucune chanson qui ne soit là pour faire du remplissage.
Quel effet ça t’a fait au fond de me laisser tomber ?
Sais-tu que lorsqu’on touche le fond on peut toujours creuser ?
Quel effet ça t’a fait au juste de me laisser à terre
Dans un palace d’à peu près juste avant la guerre ?
La chambre est vide
J’ai ces voix dans la tête
L’air est humide
Cette pensée qui m’entête
Faire le grand vide
Et que les voix s’arrêtent
Heureusement que l’enfer ça n’existe pas
Es-tu déçu de n’avoir vu chuter l’ange déchu ?
Es-tu ravi devant ce ravissant gâchis ?
La chambre est vide
Tu as eu la main leste
J’ai l’air horrible
Et la nuit noire empeste
J’ai beau faire le vide
J’ai ces voix dans la tête
Heureusement que l’enfer ça n’existe pas
You want more, you get less
Voilà tout ce qui me reste
Tu me prends, tu me laisses
Comme une pute, comme une peste
Armalite |
| 2005-02-27 11:30:39
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Jeudi 24 février 2005
"Amour et amnésie" (3)
Dans un louable effort pour ne plus passer toutes mes soirées scotchées devant AIM, j'ai repris un abonnement à l'unique club vidéo de mon village. D'accord, c'était dans le but de mater discrètement, pendant que l'Homme est au travail, toutes les comédies nunuches que je n'avais pas osé aller voir au cinéma. (Officiellement, je n'aime que les films d'auteur en VO.) Et je sais que 90% de ces comédies nunuches ne vaudront pas les deux heures que je leur aurai consacrées, mais c'est ça ou développer une cyber-dépendance aiguë, et niveau dépendances je suis déjà full, merci bien.
C'est ainsi que la semaine dernière, j'ai vu le consternant "Polly et moi", parce que je voulais me refaire un fix de Jennifer Aniston après la fin de "Friends". Note à moi-même: ne plus jamais, jamais louer un film avec Ben Stiller, qui n'a tourné que dans des bouses innommables à part "Reality bites". Humour au ras des pâquerettes, scénario creux, impossibilité de croire plus de deux secondes au couple formé par les personnages principaux... A oublier très vite.
Du coup, je n'attendais pas grand chose de mon second choix, "Amour et amnésie": l'histoire d'un playboy condamné à re-séduire tous les jours la fille dont il est tombé amoureux parce qu'un accident de voiture a flingué sa mémoire à court terme et que chaque matin au réveil, elle a oublié ce qui s'est passé la veille. Mais j'ai été agréablement surprise. A l'exception d'une scène un peu lourdingue où une nana se fait doucher par du vomi de morse, ce film fait plutôt dans dans l'humour léger et bon enfant. Drew Barrymore, dont je ne suis pas fan d'ordinaire, y est totalement adorable; l'alternance entre scènes touchantes et scènes amusantes émeut sans sombrer dans le mélo, et il émane de l'ensemble une fantaisie guillerette qui donne envie de (re)tomber amoureux. Bref, "Amour et amnésie" est une friandise acidulée à consommer sans modération!
Armalite |
| 2005-02-24 10:47:51
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Vendredi 11 février 2005
"The edukators" (4)
Jan, Peter et Jule forment un trio révolutionnaire qui, la nuit, s'introduit dans des "maisons de riches". Sans rien casser ni voler, ils sèment le désordre avant de laisser derrière eux un message destiné à bousculer la tranquillité d'esprit des occupants, et signé "The edukators". Mais un soir, une de leurs opérations tourne mal, et ils sont forcés d'enlever un homme d'affaires. Ils se réfugient avec lui dans un chalet de montagne, le temps de décider de la suite des événements. Cette cohabitation forcée va leur ouvrir les yeux et les amener à remettre leurs certitudes en cause.
Oui, ce film présente la société sous un jour ultra-manichéen: à droite, les méchants capitalistes sources de tous les maux du monde, à gauche, les gentils rebelles au coeur pur et au sang vif. Oui, il véhicule une solide dose de naïveté et contient pas mal de longueurs. N'empêche: il a la grâce. Pour la provocation poétique et non-violente de son trio de jeune héros. Pour le naturel et la sensibilité frémissante des acteurs qui interpètent ceux-ci. Pour la peinture très juste du trouble provoqué par les émois amoureux. Pour la bande originale irréprochable - rhaaa le "Halléluiah" de Jeff Buckley! Pour le retournement de situation final sur lequel on hésite à se prononcer: doit-on condamner le revirement de l'homme d'affaires, qui d'un côté semble assez réaliste et évite un happy end sirupeux, ou jubiler en constatant que les jeunes héros ont été assez malins ou assez fidèles à leurs idéaux pour échapper au piège? L'un dans l'autre, on sort de là revitalisé, avec une furieuse envie de foutre le boxon et de rejoindre un mouvement altermondialiste.
PS: A tous les gens de mon entourage qui refusent d'aller voir avec moi des films anglais ou américains en VOSTF, en protestant que c'est super gênant et que ça n'a aucun intérêt quand on ne comprend pas la langue originelle: c'est faux, archi-faux! Je ne parle pas allemand, et j'ai quand même apprécié de voir "The Edukators" en VO.
Armalite |
| 2005-02-11 14:25:37
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Dimanche 6 février 2005
"Aviator" (1)
Mais qu'est-ce qui a bien pu me pousser à aller voir ce film alors que je déteste Scorsese et DiCaprio? Sans doute le fait que je n'avais pas été au cinéma depuis deux semaines, et que je n'avais rien de mieux à faire ce week-end à part ma compta. Et puis on ne sait jamais, le personnage d'Howard Hughes était assez fort pour avoir inspiré une oeuvre à la hauteur...
Sauf que non. On entre de plein pied dans son histoire, sans trop connaître la source de ses passions ou de ses névroses. Et par la suite il y a pas mal de "blancs" dans le récit, comme si le réalisateur avait dû charcuter le film tel qu'il le concevait pour le faire retomber à une durée de 2h45 (quand même!). A côté de ça, certains passages se traînent en longueur; j'ai vraiment trouvé ça chiant à mourir. Et Leo me hérisse toujours autant le poil; avec sa gueule d'éternel minet, je ne le trouve franchement pas crédible dans le rôle. Le seul point positif, c'est la présence de Cate Blanchett impeccable en Katharine Hepbrun. Mais ça fait peu à côté de tout le reste...
Armalite |
| 2005-02-06 16:43:12
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Samedi 5 février 2005
10x10
Toutes les heures, 10x10 de Fabrica recueille les cent mots et images les plus utilisés à l'échelle mondiale et les présente sous forme de grille interactive. Une façon originale de voir à quoi ressemble un moment sur notre planète.
www.tenbyten.org
Et laissez-moi vous dire qu'il y a une minute, ça faisait peur! Apparemment, nous sommes uniquement préoccupés par Condoleezza Rice, le terrorisme, l'Iraq et l'Afghanistan. Pas un seul truc un peu joyeux ou même pornographique - mais où va le monde?
Armalite |
| 2005-02-05 10:43:52
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Vendredi 4 février 2005
Les voeux de Tamura Senseï
"(...) Le cerveau humain fonctionne en faisant passer la volonté au plan de la réalité. Sans aucun doute, c'est en rêvant de voler que l'homme a inventé l'avion, et attiré par les fonds marins qu'il créa le sous-marin. Désirer un être aimé, devenir riche, vouloir une voiture ou une maison, tout cela peut se transformer en réalité. De même, ne pourrait-on penser qu'il suffit que le monde le veuille pour se diriger vers le réchauffement global qui est la cause de la submersion des terres, vers les peurs qui nous envahissent - que la cause en soit les tremblements de terre, les catastrophes aquatiques, les attentats ou les guerres? Qu'un suffisamment grand nombre de gens se laissent entraîner et la machine est en marche!
Au début de l'année, chaque matin, à chaque instant, en cet instant même, il faut penser "tout commence maintenant!". Vivre toujours mieux, plus joyeusement, plus merveilleusement, de toutes ses forces, c'est ainsi qu'il devient possible d'utiliser le potentiel infini du cerveau. Que tous les êtres humains s'unissent dans cette pensée positive et leurs volontés vibrant en harmonie transformeront le monde. Si vous pensez que de telles sornettes ne peuvent exister, il est certain qu'elles n'existeront jamais. Ceux qui ont survécu à une situation fatale sont ceux qui se sont juré de ne pas mourir. Ceux qui ont souhaité devenir riches et le sont devenus, ceux qui ont créé une famille heureuse, ceux qui ont fait des découvertes ou des inventions extraordinaires, tous l'ont voulu et ont accompli leur volonté.
Une maison ne se construit pas toute seule. Il faut d'abord en avoir la volonté; puis on élabore les plans; suivent les travaux, et enfin la maison voit le jour. Imaginez le bonheur que vous partagez simplement avec les autres et le bonheur qu'ils en éprouvent et qu'ils vous retournent, et essayez de la propager ainsi. Commencez par sourire, par remercier, cela devrait suffire pour commender à transformer votre entourage.
S'il vous plaît, vivez cette année dans le bonheur le plus complet."
[Extrait de la revue Seseragi]
J'aime la sagesse de maître Tamura... Et aussi sa malice et son goût pour les plaisirs de la chère, qui prouvent que l'on peut être philosophe sans être barbant.
Armalite |
| 2005-02-04 12:59:15
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Mardi 25 janvier 2005
"Dans la vraie vie" (2)
"Ce matin en me réveillant, j'avais l'impression que c'était le dernier jour du monde et je n'étais pas capable de dire si j'étais soulagé ou désespéré. Je me suis dit que moi et plein d'autres gens, vous par exemple, nous avions entre les mains autant de raisons de pleurer de bonheur à chaque seconde que d'être tristes à mourir. Je possède trois téléphones, et je n'ai rien d'important à dire. Deux mille CD et pas le temps de les écouter. Un abonnement à un club de gym et la flemme d'y aller. Un boulot super intéressant et l'angoisse de passer les trente prochaines années de ma vie coincé entre une moquette gris foncé et un faux plafond en dalles microperforées. Je suis certain que je pourrais faire quelque chose de formidable si j'avais une seule fois une bonne idée. Alors voilà: heureux ou malheureux? Qu'est-ce que vous en pensez?"
Ainsi commence "A bout de souffle", qui est à mon avis la nouvelle la plus intéressante de ce recueil puisqu'elle anticipe le sort réservé aux fumeurs dans un avenir proche: une espèce d'ostracisation outrancière et ridicule, mais pourtant pas si improbable à moyen terme. Le reste du bouquin va de l'assez bon ("Qu'est-ce que tu vas faire?" croque savoureusement la précarité actuelle du monde du travail, avec son héroïne qui enchaîne des contrats de plus en plus brefs et des relations amoureuses pareillement avortées, comme dans une vertigineuse spirale descendante) au très anecdotique ("Dans la vraie vie", sur la drague par internet, ou "Au coup de klaxon", sur le speed dating). A force de vouloir épingler son époque et disséquer le quotidien, l'auteur le fait parfois d'une manière trop convenue. Un recueil assez inégal, mais qui contient toutefois de bonnes choses.
Armalite |
| 2005-01-25 13:59:46
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Dimanche 23 janvier 2005
"Courtney Crumrin et les choses de la nuit" (3)
Courtney a des parents nuls. Courtney ne parvient pas à s'intégrer dans sa nouvelle école pour enfants de yuppies. Courtney aperçoit des créatures étranges au pied de son lit et dans les bois où elle est forcée de s'enfuir pour ne pas se faire racketter par ses charmants camarades. Courtney a un oncle très très vieux qui pratique la sorcellerie, et il se pourrait bien qu'elle soit sa digne héritière. Courtney est une teigne, sorte de cousine blonde d'Emily the Strange, et elle n'a pas l'intention de se laisser faire par les choses de la nuit.
J'ai apprécie les dessins sobres de Ted Naifeh - agréables à regarder sans tomber dans le piège de la "mignonitude", ainsi que son humoir noir et acide très politiquement incorrect. Dommage que la traduction française soit si mauvaise. Il existe apparemment deux autres volumes des aventures de Courtney Crumrin; je me les procurerai plutôt en VO.
Armalite |
| 2005-01-23 07:26:04
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